Subventions de l’État aux écoles privées : zéro recommandation appliquée à Bamako et Kati

Malgré les dysfonctionnements relevés en 2023 dans la gestion des subventions de l’État accordées aux établissements privés d’enseignement secondaire, aucune des recommandations formulées n’a été appliquée. C’est la principale conclusion d’une mission de suivi portant sur les années scolaires 2023-2024 et 2024-2025, concernant le District de Bamako et le chef-lieu du cercle de Kati.


La vérification financière initiale avait pourtant mis en lumière plusieurs insuffisances majeures dans l’attribution et la gestion des subventions publiques destinées aux établissements privés d’enseignement général, technique et professionnel. Le suivi engagé visait à s’assurer que ces manquements avaient été corrigés. Le constat est sans appel : le taux de mise en œuvre des recommandations est de 0%.



Des recommandations restées lettre morte


Sur les cinq recommandations formulées à l’issue de la vérification, quatre étaient applicables, mais aucune n’a été mise en œuvre. Une seule a été jugée non applicable. Le rapport relève notamment que le ministre de l’Éducation nationale ne veille toujours pas à l’élaboration et à la transmission des rapports de rentrée et de fin d’année par les établissements privés.

 

Autre manquement relevé : le directeur de la Cellule de planification et de statistique (CPS) ne procède pas à l’immatriculation des établissements privés d’enseignement, pourtant indispensable à une gestion rigoureuse du secteur.

Le document pointe également le non-respect du critère d’âge dans l’orientation des élèves, une responsabilité qui incombe au président de la Commission nationale d’orientation et au directeur de la CPS. En outre, les critères d’éligibilité aux subventions de l’État ne sont pas respectés, tant par l’inspecteur en chef de l’Éducation nationale que par le directeur de la CPS.


Une gouvernance toujours défaillante


La seule recommandation déclarée non applicable concerne le respect des critères d’éligibilité par les établissements privés eux-mêmes. Pour le reste, le statu quo demeure, malgré les alertes formulées depuis 2023.


Ce bilan relance le débat sur la gouvernance et le contrôle des fonds publics alloués à l’enseignement privé, dans un contexte où les besoins du système éducatif restent importants et où la transparence dans l’utilisation des ressources publiques demeure une exigence majeure.



La Rédaction

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